Monsieur le Ministre de l’Intérieur, vous avez sacrifié la Rédaction de Charlie !

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En apparence, on pourrait croire que les autorités tenaient pour infiniment précieuse la vie des dessinateurs de Charlie.

Après l’attentat, sûrement. Avant ? Pas sûr, si on en juge par l’absence de sécurisation sérieuse des locaux de Charlie Hebdo.

Lettre ouverte au Ministre de l’Intérieur, Bernard CAZENEUVE

Hommages au sommet de l’Etat, manifestation d’une ampleur jamais vue, deuil national, choc mondial …

Dimanche la France s’est levée pour défendre la liberté d’expression, pleurer les victimes de son 11 septembre, honorer ses héros. Pour autant, l’attentat contre Charlie aurait pu être évité, au prix d’un dispositif de surveillance anti-intrusion par vidéo qu’on trouve partout pour moins de 500 euros.

Disons-le, la sécurisation des locaux de Charlie Hebdo a été négligée. Mauvaise polémique ? Non, triste réalité, et une faute impardonnable. Pour éviter de nouveaux drames, et parce que les Français veulent comprendre, Myvesinet.com interpelle le Ministre de l’Intérieur.

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Après l’émotion et le recueillement vient le temps des leçons à tirer, des questions à poser. Les medias ont évoqué très vite le nombre de 5 000 djihadistes en France, et le chiffre de 25 policiers pour surveiller chacun d’eux. En clair : mission impossible. Sur France 2, Monsieur le Ministre, vous avez à cette occasion reconnu vous-même des « failles sécuritaires ». On fera mieux demain. Mais cette défaillance avouée du Renseignement n’est-elle pas un rideau de fumée destiné à masquer d’autres négligences ?

En effet, à ce jour personne n’a évoqué la plus impardonnable d’entre elles : l’inexistence d’un système de sécurité digne de ce nom dans les locaux de Charlie hebdo. Nous nous en tiendrons à ce seul point, sur la base de tous les témoignages et récits parus depuis.

Résumons : n’importe quelle agence bancaire de quartier, avec son sas à double porte et un contrôle visuel à l’entrée, est mieux protégée ! Jugez-en…

Certes, l’adresse des locaux de Charlie était impossible à trouver, et rien ne permettait de repérer l’immeuble de l’extérieur, ni une fois à l’intérieur.

Mais pourquoi seulement un simple digicode puis une porte blindée pour protéger les hommes parmi les plus menacés de France ?
Vous le saviez, Monsieur le Ministre : Charb figurait au côté de Salman Rushdie sur la liste des personnalités à abattre établie par Daesh. De ce fait, un attentat était une quasi-certitude.

Et pourtant : pas de sas avec vidéo de contrôle. Pas de policier en filtrage dans l’immeuble. Pas d’alarme reliée au commissariat. Et l’officier de sécurité, en salle de rédaction, n’a rien pu faire contre deux kalachnikovs, victime de l’effet de surprise.

Résumons : un dispositif commun a 90 pour cent des appartements parisiens, dont les propriétaires seraient sur liste rouge… Tous les spécialistes de la sécurité en conviendraient : le degré de protection des locaux de Charlie était totalement inadapté au niveau de la menace.

Dans la rue, la protection statique avait été levée. Pourquoi ? Disons-le, les autorités ont sacrifié la rédaction de Charlie !

Mais qui leur posera la question ? Nous sommes en droit d’attendre d’abord une enquête approfondie et transparente. Même si une bonne partie de la réponse nous a déjà été apportée par la facilité déconcertante avec laquelle les terroristes se sont retrouvés dans la salle de rédaction : l’ensemble des témoignages concorde en ce sens.
Monsieur le Ministre de l’Intérieur, les Français vous demandent aujourd’hui d’une part une réponse claire aux questions posées plus haut, et d’autre part des moyens sérieux et pérennes alloués à la sécurité des personnes menacées et des lieux sensibles. Pour que les 17 victimes des attentats ne soient pas mortes pour rien.

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La meilleure façon d’obtenir une réponse nos attentes ?

Faire circuler largement cette lettre ouverte !