Le week-end arrive, voilà une jolie suggestion de balade.

Du Parc Brassens au futur Parc Princesse, projet majeur du Vésinet, il n’y a qu’un pas, ou presque.

Découvrez en photos un parc paysager devenu un lieu de vie incontournable, au cœur d’un quartier parisien. Vous aimez ?

Ce n’est pas par hasard que nous vous emmenons découvrir en photos cet endroit exceptionnel. Il s’agit en effet d’une réalisation remarquable : un parc paysager développé sur le site des anciens abattoirs de Vaugirard, conciliant respect de l’esprit des lieux et audace architecturale. Depuis son ouverture en 1984, le Parc Georges Brassens (Paris 15e) a conféré au quartier son « esprit village » si attrayant, avec son Marché aux livres le week-end sous la halle Baltard et ses restaurants d’habitués. Un lieu de vie très prisé, à découvrir, et une référence -on l’espère- dans le cadre de l’aménagement du futur Parc Princesse au Vésinet…

L’histoire d’un succès

Le parc Georges Brassens, d’une superficie de près de 9 hectares,  situé rue Brancion et ouvert au public en 1984 a été conçu par le paysagiste Daniel Colin et les architectes Alexandre Ghiulamila et Jean-Michel Milliex. Il a été aménagé sur l’emplacement de l’ancien marché aux chevaux de Vaugirard et de ses abattoirs, crée en 1904 et démolis entre 1977 et 1985.

Ces terrains appartenaient au hameau de Vaugirard, jusqu’à l’annexion à Paris en 1860. Au XVIIIe siècle s’étendaient ici les vignobles de Périchot, relayés par des cultures maraîchères au siècle suivant. De 1894 à 1974, les cultures laissent place aux abattoirs, dont certaines structures architecturales sont encore visibles aujourd’hui : la halle aux chevaux, le beffroi du marché à la criée. Non loin de là, vous pourrez voir la voie de chemin de fer qui borde le parc au Nord, et les bâtiments par où les animaux étaient amenés en train avant d’être abattus. Les habitants du quartier se plaignant sans cesse du bruit et de l’odeur résultant de l’activité des abattoirs en plein Paris, les abattoirs ferment en 1975.

S’il porte le nom de « parc Georges-Brassens », c’est en hommage à Georges Brassens, poète et auteur-compositeur-interprète, qui a vécu l’essentiel de sa vie parisienne à quelques centaines de mètres du lieu, au 9, impasse Florimont (14e), puis au 42, rue Santos-Dumont (15e).

L’esprit des lieux toujours vivant

De l’ancien marché on a gardé les portes monumentales ornées d’un cheval et deux  bœufs ainsi que trois bâtiments : la halle aux chevaux, le beffroi du marché à la criée Les taureaux sont l’œuvre d’Isidore Bonheur (frère de la célèbre Rosa). A la fermeture des abattoirs en 1975, certains éléments architecturaux ont été installés en référence à l’activité : outre les deux taureaux de l’entrée, Le parc est décoré de trois statues : L’Âne de François-Xavier Lalanne, le Porteur de viande d’Albert Bouquillon en référence aux anciens abattoirs de Vaugirard et un buste de Georges Brassens d’André Geck.

Un lieu animé

Au sein du parc, des activités sont proposées autour de la vigne de pinot noir, mais également au rucher, par la Société Centrale d’Apiculture. Créé en 1986, il a accueilli depuis près de 30 000 enfants.

Ces derniers et leurs parents trouvent en maints endroits du parc leur bonheur car ils disposent de très nombreuses activités : balançoires, promenades à dos de poneys, ping-pong, manège, théâtre de Polichinelle…

Un kiosque à musique traditionnel en fer forgé permet l’organisation d’aubades très prisées des habitants l’été. Quant aux joggeurs, ils sont nombreux à apprécier les allées, grimpant la colline pour mieux se reposer au bord du petit lac artificiel.

À côté du rucher, les pieds de vigne de cépage pinot noir encore exploitées en haut de la colline rappellent les anciens vignobles de Périchot du 18e siècle. La vigne de 1 200 m², comporte 700 pieds, soit la deuxième en importance dans Paris. Le vin, produit sous l’appellation Clos des Morillons, mis en bouteilles de 50 cl, est vendu aux enchères publiques à la mairie du 15e arrondissement. Le produit de la vente est versé à des œuvres sociales de l’arrondissement. La vinification, la mise en bouteilles et l’élevage du vin se font dans les sous-sols de l’ancienne mairie de Grenelle, située Place du Commerce (15e).

La partie sud du parc est coupée par la tranchée de la Petite Ceinture et sa voie ferrée, en cours d’aménagement en promenade plantée. Le théâtre Silvia-Monfort jouxte le parc.

Mais l’intérêt majeur réside dans le Marché aux livres ancien et d’occasion réunissant chaque week-end depuis 1987 sous l’ancienne halle aux chevaux des bouquinistes aussi passionnés que passionnants. Petits et grands, amateurs et spécialistes y trouveront à coup sûr leur bonheur tant le choix est multiple : livres anciens mais aussi bandes dessinées, affiches d’époque… Il n’est pas rare d’y dénicher des originaux dédicacés, à marchander avec patience !

Pour vous restaurer, pas moins de six établissements vous attendent, pour certains emblématiques du quartier, ainsi que la boulangerie Max Poilane pour le goûter. Avouons notre préférence pour Le Bon Coin, un auvergnat traditionnel dont la potée, l’aligot et la viande d’Aubrac vous régaleront.

Histoire de taureaux …

L’entrée principale du parc, rue des Morillons, est encadrée par deux statues de taureaux, identiques, sauf un petit détail au niveau de leur queue.

Le taureau, beuglant tête haute, faisait à l’origine partie d’une paire, l’autre représentant un taureau chargeant tête baissée ; cette paire, qui avait été créée en 1865 à la demande du sultan Abdül Aziz pour son palais d’Istamboul, connut un succès international, et on la trouve encore aujourd’hui dans le monde en une dizaine d’endroits. Il s’agit de sculptures en fonte de fer patinée (c’est parce qu’ils ne sont pas en bronze qu’ils ont survécu à l’Occupation allemande), sorties de la fonderie du Val d’Osne, et œuvre non pas d’Auguste Cain, comme il est écrit un peu partout, mais d’un autre sculpteur animalier, Isidore Bonheur, frère du peintre bien connue Rosa Bonheur. Les deux exemplaires du parc Brassens sont là depuis la construction de l’abattoir de Vaugirard en 1898, par décision de l’architecte, Ernest Moreau.