Qui n’a pas pesté un jour contre des scooters trafiqués vrombissant au feu rouge pour la plus grande joie de leurs propriétaires, et traversant la ville avec un bruit d’avion à réaction ?

Attention ! Il ne s’agit pas de donner dans le préchi-précha contre la nuisance sonore générée par ces engins, encore moins de stigmatiser les jeunes, mais de mettre en garde les parents de ces conducteurs, la plupart du temps mineurs, contre les conséquences d’un débridage illégal mais si tentant… et si facile ! Outre le risque d’accident, ils s’exposent en effet à devoir assumer (parfois pour longtemps) les conséquences financières des préjudices causés à un tiers.

C’est quoi le débridage ?

En principe, le moteur d’un cyclomoteur est bridé lors de sa mise en vente : sa puissance est adaptée à ses caractéristiques techniques et au jeune âge des conducteurs, en l’absence de toute formation. Sa vitesse ne peut légalement dépasser 45 km/h.

Or il est possible de débrider un cyclomoteur pour augmenter ses performances, et notamment sa puissance. Problème : les capacités techniques de freinage et la tenue de route du cyclomoteur ne seront pas adaptées. Le kitage, quant à lui, consiste à ajouter un « kit », un pot d’échappement ou cylindre de capacité supérieure, pour accroître également la puissance du cyclomoteur.

Que dit la loi ?

source : www.assureurs-prevention.fr
Rouler avec un cyclomoteur débridé accentue les risques d’accident : il s’agit donc d’un acte dangereux qui est interdit par la loi.

Le débridage comme le kitage constituent un délit, passible, pour les professionnels, de deux ans d’emprisonnement, de 30 000 euros d’amende, et d’une interdiction d’exercice de 5 ans.

Si vous ou votre enfant revendez un cyclomoteur qui a été débridé (ou kité), vous encourez jusqu’à 6 mois de prison et 7 500 euros d’amende.

Si votre enfant est contrôlé au guidon d’un engin trafiqué, il risque non seulement une amende de 1500 €, mais aussi l’immobilisation, voire la confiscation de son véhicule par les forces de l’ordre.

Le bridage empêchant le moteur de respirer à pleins poumons, le débridage s’accompagne souvent d’une modification du pot d’échappement du scooter, ce qui permet aux forces de l’ordre équipées de sonomètres de repérer et de verbaliser les contrevenants. Un cyclo en échappement « libéré » peut réveiller tous les quartiers qu’il traverse la nuit.

Niveau sonore maximum autorisé : 75 dbA pour un scooter 50cc. Voilà pour la réglementation en vigueur.

Mais en cas d’accident, les choses se corsent et là, ce sont les parents qui vont devoir assumer !

Circuler avec un véhicule non conforme aux préconisations du constructeur : potentiellement ruineux… pour les parents !

L’accident causé ou subi par un deux-roues dont les caractéristiques ont été modifiées (débridage notamment), NE SERA PAS pris en charge par l’assureur. Les victimes seront indemnisées par le Fonds de garantie des assurances obligatoires (FGAO) qui pourra réclamer le remboursement de ces sommes… aux parents ! Bingo !

Annulation de l’assurance

Dès lors qu’un deux-roues est modifié, il ne correspond plus à ce qu’il était lors de la déclaration de conformité aux mines et donc à la souscription de l’assurance. En cas de dommages matériels et/ou corporels, l’assureur est donc en droit de refuser toute indemnisation selon l’article L113-9 du Code des assurances, peu importe la formule choisie et les garanties comprises dans le contrat.

Le propriétaire du scooter se retrouvera donc dans l’obligation de payer de sa propre poche les dégâts matériels, dont le montant peut rapidement s’envoler. Et en cas de dommages corporels, les indemnisations qu’il sera contraint de verser aux victimes peuvent s’avérer exorbitantes.
Concrètement, si un mineur roulant sur un scooter non-conforme renverse et blesse gravement une personne, ses parents seront tenus d’indemniser la victime, sachant que le montant d’un sinistre peut atteindre plusieurs millions d’euros si la victime reste tétraplégique par exemple.

Rappelons aussi qu’en cas de conduite en état d’ivresse ou sous l’emprise de stupéfiants, l’assurance ne joue pas non plus ! Même punition donc.
Et pourtant, le débridage, c’est facile…et c’est très tentant !

En moyenne un scooter débridé peut atteindre la vitesse de 70km/h voire pour certains modèles 80/90 km/h. Soit plus du double de la vitesse légale, qui peut c’est vrai paraître bien frustrante quand on a une âme de champion…

Miracle ! En quelques clics sur la Toile, l’ado adepte de vitesse tombera sur une foule de sites spécialisés : forums présentant en vidéo la procédure à suivre pour débrider ou monter un kit. De nombreux sites marchands lui proposeront d’acquérir de quoi transformer son engin en bolide.

Un kit du tonnerre pour doubler la vitesse d’origine !

 

Extrait : « Le kit Top Perf Due Plus est le cylindre 70cc fonte le plus performant du marché ! Très coupleux et puissant dans les hauts régimes, il peut développer jusqu’à 16cv avec la configuration adaptée : pot Racing, carburateur d’au moins 19mm et vilebrequin renforcé. Autant dire que lorsque les réglages sont bons, c’est le coup de tonnerre assuré ! »

 

Vu sur le web : vitesse 110 km/h ! Espérance de vie du conducteur ?…

Irrésistible, non ?

Surtout quand on ait que ce type d’accessoire se trouve en vente libre sur le web pour 200 euros environ, à rapporter au prix d’un scooter 50 cc, qui oscille entre 1000 et 1500 euros, parfois plus !
Bien sûr, le vendeur met en garde contre l’utilisation de ce type de kit sur la voie publique, rappelle le caractère illégal, mais vend le produit sans contrôle.

Conclusion : parents, soyez vigilants !

Le débridage possède tous les attraits pour un ado, à l’âge où on aime se mesurer aux autres, aller vite, transgresser les codes, tout en se croyant invulnérable. Face au risque d’accident, des frustrations passagères valent mieux que des remords éternels !