Quelle ne fut pas ma surprise en consultant la rubrique « Les célébrités du Vésinet » sur  le site www.histoire-vesinet.org de constater que l’un ou plutôt l’une d’entre-elles avait été oubliée.

Je vais donc tenter de vous compter brièvement l’histoire de cette « grande dame» qui vécut quelques années au 38 avenue Horace Vernet, dans ce qui fut jadis l’atelier de Léon COMERRE, et qui en ce mois de mars 2014 aurait eu 100 ans.

Marie-Josèphe COTELLE-CLERE est née à Caen en 1914, dans une famille sensible à l’Art.

Elle entre à l’école des Beaux Arts de Besançon en 1942 où elle obtiendra le Prix de modelage et de sculpture. Elle sera élève de GRANGE, lui-même disciple de RODIN.

Malgré les conditions difficiles qui marquent ses débuts, elle fait preuve d’un tempérament entier, volontaire et lucide afin d’assouvir son désir de « créer sans souci des modes, des tendances et de l’opinion », comme elle aimait à le dire.

Revenons quelques instants au 38 avenue Horace Vernet et imaginons l’atmosphère de travail de ce grand atelier de plus de 200m2.

Marie-Josèphe se tient là au centre et façonne inlassablement la matière, tantôt aux ciseaux, tantôt au modelage, selon les commandes publiques ou privées. Ainsi vierges, piétas, calvaires, chemins de croix, mais aussi monuments aux morts, ou encore bustes d’enfants, d’êtres chers naissent et prennent corps et vie au travers de ses mains, suivant un amour de la tradition et du beau.

L’ambiance de travail est celle d’une ruche où l’artiste n’hésite pas à accueillir et enseigner son art à de jeunes élèves, qu’elle aura à cœur d’accompagner dans leur carrière.

En 1948, elle obtient la médaille de bronze du Salon des Artistes français pour un buste du Général Leclerc.

De sa  « tête de Victoire », de son « Génie », de l’ « Ecce Homo » (Crypte du Sacré-Cœur de Montmartre), de « Charles de Foucauld » se dégagent force et profonde spiritualité. Elle est l’auteur d’un buste de Rodin (Orléans), de Paul Fort (Meaux), de Jean-Paul II (Nonciature de Paris).

Marie-Josèphe COTELLE-CLERE est également l’auteur d’un bas-relief  (Notre Dame des flots à Mers les bains) et de la reproduction du Suaire de Turin (Eglise de Criel).

Pour fêter l’année Mozart, elle se voit confier la création d’une médaille, éditée par la Monnaie de Paris, qui sera remise par Monsieur le Président Alain Poher afin d’honorer le grand musicien Yehudi Menuhin (1991 ?).

Très attachée à transmettre le goût du « beau » et de l’enthousiasme, elle sera pendant vingt ans (1981/2001) Présidente du Salon de l’Ecole Française.

Cette « grande dame » nous quitte en 2005.

Vous pouvez, non loin du Vésinet, sur la Commune de Chatou, admirer deux de ses œuvres : le Monument aux 27 fusillés de Chatou devant la mairie, ainsi que le groupe de Danse de l’École Paul Bert.

Article de Florence Mary