Il y a exactement 15 ans, le 11 avril 2002, un incendie ravageait la patinoire du Vésinet.

Premier paradoxe : une patinoire qui brûle…

Et comme au Vésinet on ne fait rien comme ailleurs, 5 maires après rien n’a bougé.
Ou plutôt si : pour 20 millions d’euros, nous avons hérité d’un trou gigantesque recouvert d’une dalle de mauvaise qualité, et en pente.

Il est temps de se réveiller, non ?

Pour ceux qui ignorent les épisodes de ce mauvais feuilleton et arpentent navrés cette Place du Marché sinistrée, voici quelques éléments pour comprendre et réagir.

Préambule

Les internautes fidèles à myvesinet.com conviendront que la bienveillance et la volonté de rassembler nous animent depuis l’origine.

Bien loin des chicaneries propres au microcosme politique Vésigondin. Mais il y a des anniversaires que l’on aurait préféré ne pas fêter. Et des pratiques qu’un silence coupable valide tacitement. N’en doutez pas : nous nous faisons ici-même l’écho de très nombreux Vésigondins lassés des projets sans suite, de ces études coûteuses, de ces paroles, paroles, paroles…etc. Ce dossier réclame aujourd’hui un passage à l’acte concret et partagé.

Pas question ici de pointer qui que ce soit du doigt, mais plutôt d’engendrer (enfin ?) une impulsion salutaire, un avenir digne pour cet espace abandonné, sur la base d’une vision partagée par tous.

A l’attention de ceux qui ne manqueront pas de s’indigner de ce billet d’humeur au ton inhabituel : il n’est rien auprès de la colère et de l’incompréhension grandissante de nos concitoyens face à ce gâchis collectif. 😉

Par ailleurs, vous aurez remarqué comme nous que Le Vésinet bouge, la population se renouvelant.

Il nous a paru utile de partager avec les plus récemment installés -et pour certains en état de sidération devant cette place vide- quelques éléments d’information factuels, articles et photos. Ils ont le droit de savoir.
Enfin, si vous souhaitez, comme nous, avancer et mettre à profit l’intelligence collective, sans tomber dans la polémique stérile, réagissez en commentant cet article et faites, vous aussi, des propositions.

Débrouillez-vous mais sortez-nous quelque chose !

L’architecte devait avoir bu en traçant ses plans, tout comme ceux qui ont validé une telle ineptie ? Pour faire son marché sur cette place, on prend de la Nautamine contre le mal de maire et les effets de la pente… En 15 ans, les projets n’ont pourtant pas manqué ! Certains publiés, d’autres réservés comme récemment encore à des happy few membres d’associations privilégiées.

Disons-le : honte aux responsables de ce gâchis collectif, au maire creuseur de trou trop pressé, au maire recouvreur de trou, aux suivants qui n’ont pu ou voulu agir, comme frappés par LA malédiction de la Place du Marché.

Cette belle endormie manque furieusement de capacité à imaginer, étonner. Au-delà de considérations historiques nostalgiques et d’une logique comptable qui fait le bonheur des aménageurs aux dépens des jeunes et des « vrais gens » qui n’ont pas tous la chance d’habiter une villa cossue entourée d’un jardin d’agrément. Sans parler des commerçants riverains de cette place sinistre, digne de la Corée du Nord.

Il y a bien les Ibis replantés aux allées refaites, mais pourquoi pas aussi un parcours santé le long d’une de ces fameuses pelouses qui ornent nos quartiers ? Et plus encore de bancs en centre-ville, de sanitaires publics pour la pause pipi du petit ou du papy…

Étonnez-nous ! Montrez-vous, vous aussi, au niveau de cette « ville d’exception » qu’est Le Vésinet. Réinventez l’espace public en faisant appel à l’intelligence collective, aux crayons de tous les architectes si nombreux dans cette ville, aux idées des habitants surtout, qui aimeraient bien en avoir enfin pour leurs impôts. Bref, débrouillez-vous mais sortez-nous quelque chose !

Une inertie incompréhensible

Ce n’est pas faute pour nous, depuis 3 ans, d’avoir évoqué le sujet avec les édiles successifs, d’avoir essayé de comprendre. Mais à chaque fois, c’est la même ritournelle :

  • « Pas d’argent… »… oui c’est sûr, après ça !
  • « Il faut tourner la page »… Euh… on ouvre quand une nouvelle page alors ?
  • « Ce n’est pas la priorité »,… Merci, on avait compris !
  • « Ne ravivez pas les conflits »… Ah bon ? Mais qui pourrait bien se sentir visé ? Et puis il y a prescription. Donc çà ne sert à rien de garder des cartons de dossiers chez soi au cas où. Sauf à vouloir déménager rapidement.
  • « Ça n’intéresse personne »… OK, parlez de ce sujet dans un dîner et revenez nous voir !

Pour autant, 15 ans après, toujours rien.

Une sainte colère nous empourpre donc légitimement le visage ! D’où ce rappel à l’ordre, au devoir. Ne rien dire, laisser faire, n’est-ce pas cautionner ? Tolérer l’inacceptable ? « Qui ne dit mot consent ». Non ?
Disons-le : il est toujours plus facile de ne pas faire que de faire : on prend moins de risques, surtout dans une ville comme Le Vésinet où 5 élections en 10 ans ont généré autant de vieilles haines recuites que seule la pelle du fossoyeur enterrera le jour venu avec les protagonistes de cet interminable feuilleton.

Second point de blocage, la sacro-sainte règle qui veut que pour tout responsable, lorsque ce n’est pas son problème, ce n’est pas un problème. Quelques projets sur papier glacé calmeront bien les agités… Et puis on a consulté la population, distribué tant de belles plaquettes dans les boîtes aux lettres… Que faut-il pour être entendus ? Une pétition ? Un sit-in géant Place du Marché ? Une invocation à Sainte Marguerite ?

Le Maire, héritier de ce boulet, qualifiait lui-même ce dossier en février 2016 de « honte du Vésinet » (cf. article du Parisien du 22.02.2016 ), annonçant le déblocage d’une enveloppe de 80 000 euros pour des études. Nous attendons désormais de voir sortir de terre un projet et plus encore sa réalisation. Et qu’on ne nous fasse plus lanterner sur l’air de « laisse béton… ».

Pour 20 briques, t’as plus rien : un peu d’histoire…

  • En 1965 le maire Alain Jonemann à qui l’on doit notamment Le Théâtre du Vésinet fait construire sur la Place du marché un marché couvert et sa patinoire.
  • Après l’incendie du 11 avril 2002, sous l’égide du maire (UMP) de l’époque, Alain-Marie Foy, la ville décide d’étudier immédiatement la reconstruction de la patinoire. Le conseil municipal écarte l’idée d’une patinoire provisoire sur le stade des Merlettes et opte pour une reconstruction sur la place du Marché.
  • Ce projet conçu par le cabinet Chaslin prévoit la réalisation sur la place du marché d’un complexe multifonctions.
  • L’ensemble comprenant un parking souterrain (4700 m²), un marché couvert, une patinoire semi-enterrée (2700 m²) et un bâtiment culturel. D’une hauteur de 17 m de haut, ce bâtiment comprenait une médiathèque de 1500 m² et des locaux pour activités culturelle sur 100 m² dont un auditorium.

Ce dossier empoisonné va devenir l’un des plus gros gaspillages financiers de la commune.
L’affaire est d’ailleurs mal engagée dès le départ.

  • En 2005 le Tribunal administratif de Versailles annule « l’arrêté du maire en date du 24 décembre 2003, la délibération du conseil municipal en date du 21 janvier 2004 et la décision du maire en date du 9 février 2004, relatifs à l’attribution et à la passation du marché de maîtrise d’oeuvre pour la construction du complexe « multi-activités » place du marché ».
  • Motif : selon les termes du jugement en date du 30 décembre 2005 prononcé par le Tribunal administratif de Versailles le groupement auquel la Ville a attribué le marché après appel d’offres présentait un devis 16 404 000 euros HT, alors que le règlement du concours avait fixé à 12 millions d’euros HT le montant maximum du coût prévisionnel des travaux. Conséquence : « le groupement susmentionné ne pouvait donc ni être déclaré lauréat du concours par le maire, ni se voir attribuer le marché de maîtrise d’oeuvre pour la construction du complexe « multiactivités » place du marché au Vésinet ». En l’espèce les dispositions du code des marchés publics n’ont pas été respectées.
  • Un arrêt de la Cour Administrative d’Appel de Versailles en date du 3 juillet 2007 confirmera cette décision (voir lien plus bas).
  • Le chantier démarre néanmoins en 2006. Peu à peu, une dizaine de recours vont perturber le projet qui doit s’élever sur 23 m de hauteur.
  • Le 28 février 2008, l’équipe de maîtrise d’œuvre désignée le 9 février 2004 à la suite du concours d’architecture invalidé, se voit signifier la résolution de son marché par la Ville du Vésinet suite à sa condamnation par le Tribunal administratif de Versailles pour faute de procédure en 2005. Elle quitte le chantier le jour même, une autre équipe de maîtrise d’œuvre prenant le relais. Elle procédera à de nombreuses modifications après les élections du 18 mars 2008.

En effet, l’affaire avait pris une tournure politique. Robert Varèse et Claude Chatard, alors unis dans l’opposition municipale, mènent la bataille « anti-patinoire » qui devient l’enjeu des municipales de 2008.
Deux ans après le démarrage des travaux à marche forcée, Robert Varèse se fait élire en 2008 sur un projet « anti-patinoire » : il décide de tout abandonner, le projet initial est enterré. Un autre projet commandé au cabinet Hammoutène ne verra jamais le jour, finalement jugé trop coûteux. Ce qui n’empêchera pas une forte hausse des impôts locaux : reste un énorme trou à combler, des subventions à rembourser, des communes réunies en syndicat à indemniser. Les élus résilient 16 contrats.

Au total, la facture s’élève à
20 M€, il a même fallu dédommager le cabinet d’architectes auteur du projet originel, à l’issue d’un long contentieux.

Après deux ans de travaux d’aménagement de l’espace et de réalisation d’un parking souterrain, les commerçants du marché retrouvent la place, alors qu’ils installaient leurs étals autour de l’église auparavant.

Au final, un trou gigantesque recouvert d’une immense dalle de béton dégradée, et au sous-sol, un parking peu pratique de 150 places.

Une réalisation calamiteuse se doublant d’un boulet financier puisque la commune a encore sur les bras une dette de 13 M€ courant jusqu’en 2029.

Illustrations et documents : cette rubrique rassemble pêle-mêle des documents d’époque, des projets non aboutis, mais aussi des suggestions made by myvesinet.com.
A commenter sans modération à la rubrique « commentaires » en bas de cet article !
L’incendie du 11 avril 2002 :
Article de René Dosne dans la revue Face au Risque « Feu sur glace dans les Yvelines » daté du 01.12.2002
Le projet du Cabinet Chaslin
La Place du Marche aujourd’hui : Dessus et… dessous !

Rêvons un peu :

Suggestions pour un espace de rencontres animé, convivial et moderne ! Votre avis ?
  • Un Déli’Café à l’américaine en bas de la place pour que nos jeunes puissent se retrouver.
  • Et dessous ? Un resto type « Mama Shelter », un complexe sportif avec salle de gym, mur d’escalade ?
  • Ou pourquoi pas un musée éphémère, une salle de concert, une piste de roller ? Dites-nous !

Et nous, voilà ce qui nous ferait bien envie !

Et nous, voilà ce qui nous ferait bien envie

En savoir plus : liens utiles

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