Suite et fin de notre road-show estival en Vénétie, sur les traces de l’architecte Andréa Palladio.

Myvesinet.com vous offre de belles photos de la Sérénissime mais aussi des conseils pratiques pour réussir votre prochaine virée en Vénétie. Vous aimez ?…

Rappelons pour le lecteur qui prendrait le vaporetto en marche que notre périple nous a conduits de Vérone à Venise en passant par Vicence, la ville de Palladio (voir articles précédents).

Une occasion de vous présenter les villas palladiennes, ensemble unique de demeures splendides érigées par Andréa Palladio (1508-1580) et inscrites sur la Liste du Patrimoine mondial de l’UNESCO. Mais aussi d’apprécier à sa juste mesure le défi et l’intérêt que constitue une telle démarche, envisagée au profit de notre belle ville-parc du Vésinet, unique en France.

Palladio à Venise

C’est en train que nous arrivons à Venise, partis de Vicence. ¾ d’heure suffisent pour rallier la gare de Venise Santa Lucia. Pas question pour nous de subir les tracas routiers de l’arrivée à Venise par la route, et des parkings géants de Santa Lucia. Et rien ne vaut l’arrivée en train, avec la sortie de la gare donnant directement sur le Grand Canal et son trafic désordonné d’embarcations variées.

A Venise, le génial Andréa Palladio, nommé Architecte de la Sérénissime en 1570, a édifié à la demande du Doge deux superbes églises : la basilique San Giorgio Maggiore, à partir de 1566, et l’église du Redentore, à partir de 1576. Ces deux édifices monumentaux, à la mesure du prestige de la ville, sont édifiés face à la place Saint Marc de l’autre côté de la lagune, sur l’ile de la Giudecca.

La basilique San Giorgio Maggiore

Elle est située sur une petite île. La basilique se visite, mais pas le cloître ni les jardins qu’on ne peut admirer que d’en haut. A noter que Paolo Véronèse y a peint entre juin 1562 et octobre 1563, pour son réfectoire, le tableau Les Noces de Cana, aujourd’hui au musée du Louvre, merci Napoléon ! En effet, cette œuvre majeure fit partie des œuvres d’art attribuées à la France (!) en vertu du traité de Campoformio du 17 octobre 1797 au titre des contributions de guerre à la suite de la première Campagne d’Italie.

On ne saurait trop recommander la visite du campanile de San Giorgio, offrant une vue unique et panoramique sur Venise et sa région, du haut de ses 63 mètres. La vue sur l’hôtel Cipriani et sa piscine n’est pas mal non plus ! Un premier campanile s’étant écroulé en 1442 suite aux dégâts dus à des vents violents, il fut reconstruit quasiment à l’identique. Mais le 27 février 1774, il s’écroula de nouveau tuant un moine et en blessant deux autres. Reconstruit une dernière fois en 1791, ce troisième campanile est celui qui est encore visible aujourd’hui. A découvrir à l’ouverture pour éviter une longue attente. Cette précaution vaut d’ailleurs pour les lieux les plus touristiques comme la Place Saint Marc qu’il faut découvrir (très) tôt le matin pour éviter la foule, même chose pour le charmant marché aux poissons situé près du Rialto. Un café « ristretto » vous aidera à démarrer tôt la journée…

Sur les campaniles de Venise : http://www.e-venise.com/campaniles-venise/campanile_san_giorgio_di_maggiore_buratti.htm

L’église du Redentore

Située sur l’ile de la Giudecca, L’Église du Rédempteur (Chiesa del Redentore) commencée en 1577 par l’architecte Andrea Palladio fut terminée par Antonio da Ponte en 1592. Elle doit son édification à l’épidémie de peste qui frappa Venise à partir de 1575, décimant presque 1 vénitien sur 3. En septembre 1576 alors que le mal semble impossible à arrêter, le Sénat de Venise demande l’aide divine en formulant le vœu de construire une nouvelle église dédiée au Rédempteur. Andrea Palladio en sera l’architecte.

La façade en marbre d’Istrie est formée d’un corps principal, deux colonnes entre deux pilastres qui soutiennent le fronton, au-dessus un attique horizontal où s’appuient des demi frontons correspondant aux chapelles latérales. Un bel escalier, avec frontispice qui la rend un peu petite. L’intérieur avec une seule nef, d’une forme très simple, offre néanmoins une bien belle perspective. Sur les bénitiers des petites statues en bronze, Jésus et Saint Jean, par F. Terilli. Dans la première chapelle à droite, la Naissance de Jésus par Francesco da Ponte et dans la deuxième le Baptême du Christ de l’école de Paolo Véronèse; dans la troisième la Flagellation du Tintoret.

La circulation à Venise : du canot individuel… au géant des mers

Vous n’éviterez pas le vaporetto, le bus local, un must pour découvrir notamment le Grand Canal. Essayez de vous ménager une place à l’avant, et à l’air libre ! Les plus chanceux (et fortunés) s’offriront un motoscafo, ces magnifiques taxis vénitiens dont le prix n’a d’égal que le luxe de leur fabrication. Sans oublier les embarcations individuelles, les services publics, les bateaux-chantiers et bien sûr les gondoles ! Quant aux monstres des mers, les paquebots géants qui fragilisent les fondations de la ville, ils seront bientôt interdits de traversée dans le canal de la Giudecca, après une longue bataille des vénitiens contre ces grandi navi. On comprend mieux en voyant les photos…

La Fête du Rédempteur, fête vénitienne par excellence !

Tous les touristes connaissent le Carnaval de Venise. Mais pour nous c’est LA fête qu’il ne faut pas manquer !

Cette fête vénitienne se déroule chaque année depuis quatre siècles et demi, depuis le 21 Juillet 1577. La date de la fête a été fixée au troisième dimanche de juillet depuis l’origine, en souvenir de la promesse faite à Dieu par le doge Alvise Mocenigo. En effet, le 4 septembre 1576, en guise d’ultime remède à la virulence de la peste et conformément au vœu du Doge, le Sénat décida la construction d’une église dédiée au Christ Rédempteur sur l’île de la Giudecca où, chaque année, le Doge accompagné de tous les dignitaires et de tout le peuple de Venise, assisteront à une messe solennelle après avoir traversé le canal de la Giudecca sur un pont de barques.
La Festa del Redentore (la fête du Rédempteur) ou “Sagra”, la fête sacrée, est la fête sur l’eau par excellence.

La veille du troisième dimanche du mois de juillet, le samedi soir, tous les Vénitiens partent en famille sur leurs bateaux à rames ou à moteur, décorés de ballons multicolores, de feuilles, de fleurs, de guirlandes et de lampions. On ancre ensuite les bateaux dans le bassin de Saint-Marc pour… pique-niquer et s’amuser à bord, en attendant la tombée de la nuit et le spectacle du feu d’artifice qui sera tiré depuis la rive de l’île la Giudecca. On parle, on mange, on boit, on joue de la musique, et on rit beaucoup ; on se sent bien tous ensemble, aussi solidaires que toutes ces barques, attachées les unes aux autres et formant une énorme île flottante.

Imaginez le bassin de Saint-Marc avec 1.500 bateaux et 30.000 spectateurs répartis tout autour du bassin, sur la Riva degli Schiavoni, les Zattere et tout le long de l’île de la Giudecca, pour assister à l’un des plus beaux feux d’artifice du monde. Le canal de la Giudecca devient alors un vaste miroir plein de couleurs ainsi qu’une magnifique caisse de résonnance pour les pétards du feu d’Artifice.

La fête du Rédempteur 2015 se déroulera les 18 et 19 juillet 2015. Le feu d’artifice sera tiré le 18 juillet au soir.

L’île de la Giudecca

Notre lieu de prédilection à Venise : loin des touristes, calme le soir, authentique et offrant la plus belle vue sur Venise. C’est là que nous avons pris nos quartiers, hôtel et resto (voir infos pratiques plus bas).

Cette île était connue à l’origine sous le nom de Spina Lunga (« Longue Arête », de spina, arête de poisson) à cause de sa forme courbe et allongée. La dénomination de Giudecca dérive du mot giudicare (« juger » ; giudizio, « jugement »), par référence à l’utilisation de l’île comme lieu d’exil pour les aristocrates dissidents. L’île devint ensuite, à l’âge d’or de la République de Venise, un lieu de villégiature et d’évasion, composée de palais entourés de grands parcs. La magnificence de cette période est notamment attestée par l’imposante église du Redentore (« rédempteur »), conçue par Andrea Palladio entre 1577 et 1592 pour marquer la fin de la terrible épidémie de peste qui frappa la cité en 1576 et décima un tiers de ses habitants. Puis l’endroit devint une zone d’industrie au début du xxe siècle comprenant des chantiers navals et des fabriques, et même un studio de cinéma. Le déclin de la Giudecca commença après la Seconde Guerre mondiale avec la fermeture progressive du secteur industriel. Pendant de nombreuses années, la Giudecca sera un lieu dégradé et mal famé, avant qu’une série de réhabilitations n’en fasse à nouveau une zone résidentielle moderne, tranquille et appréciée. Aujourd’hui, les « bobos » vénitiens (et étrangers) y habitent de belles résidences et lofts construits sur la base des usines et terrains laissés libres. Et rien ne vaut la balade le soir sur son long quai offrant une vue splendide sur Venise.

A ne pas manquer : le Squero San Trovaso et le Ghetto Nuovo

Ne quittons pas Venise sans vous recommander la visite de ces deux lieux au charme unique. Palladio n’y a pas mis les pieds, certes, mais ils sont incontournables.

Le Squero San Trovaso est situé au bord du Rio San Trovaso (eh oui !). Il s’agit d’une des plus anciennes fabriques de gondoles de Venise, encore en activité, qui se visite mais au calme ! Un est un petit chantier naval destiné à la construction et la réparation des gondoles. Jadis très nombreux, quand la gondole était l’unique moyen de transport de Venise, ils se comptent maintenant sur les doigts d’une main. Plus d’infos : http://www.venise-acqua-vite.com/venise/venise2.htm

Le Ghetto Nuevo recèle un charme particulier. Si vous êtes un amoureux de Corto Maltese, le célèbre navigateur, vous comprendrez mieux… La résidence dans ce quartier fut imposée et réservée aux Juifs sous la République de Venise. Il a été successivement agrandi, ajoutant à la petite île appelée Ghetto Nuova des origines (1516, appelée plus communément Ghetto Nuovo) le Ghetto Vecchio en 1541 puis, en 1633, le Ghetto Nuovissimo. C’est dans ce quartier que l’on rencontre des immeubles parmi les plus élevés de la ville. En effet, du fait de l’impossibilité de construire de nouvelles habitations au sein de ces quartiers limités et clos, les habitations se sont développées verticalement. Les monuments les plus remarquables du quartier sont les synagogues, par le passé au nombre de neuf, aujourd’hui cinq. Elles peuvent se visiter ainsi que le musée d’art hébraïque, mais par petits groupes. Elles sont fermées aux visites le samedi. Le Ghetto, après avoir été l’un des quartiers les plus modestes de Venise, est réhabilité depuis une dizaine d’années.

Sur la place, le campo, il fait bon déguster un Spritz en terrasse ! Nous aimons ce quartier historique, authentique et animé. Il est situé pas loin de la gare, ne terminez pas votre séjour à Venise sans y passer. A ne pas manquer, un magasin étonnant, le David’s shop, célèbre pour ses inimitables rabbins en verre de Murano ! http://www.davidshop.com/

Vénétie pratique : nos conseils pour un week-end ou plus, en famille ou en amoureux !

Comment y aller, hôtels sympa, conseils : Myvesinet.com vous dit tout. De bons plans pour un bel automne à l’italienne… Et des choix forcément (très) personnels !

Y aller

Par la route, environ 1000 km et 9 heures de voiture au moins. C’est ce qu’on a fait, mais en prenant le chemin des écoliers, avec traversée du magnifique Jura, descente par le Fort de Joux, et une nuit au col du Grand Saint Bernard à l’Auberge de l’Hospice, top ! Et la voiture sur place pour rayonner, d’un site à un autre.

Le bon plan : y aller en train via la compagnie Thello qui relie Paris Gare de Lyon à Venise via Vérone et Vicence en une nuit. Possibilité de privatiser un compartiment. Mais éviter le resto du train… Bref on arrive directement sur place sans perdre de temps, idéal pour un week-end de 3 à 4 jours à Vérone ou à Venise. Et puis le choc de la sortie de la gare de Venise directement sur le Grand Canal !… On en redemande ! Compter 80 euros par personne pour un aller à Venise en couchette dans un compartiment de 6. A vous de voir si vous voulez un retour…

Compagnie Thello : https://www.thello.com/

En avion : Vérone et Venise sont bien desservies. A Venise, offrez-vous le top avec un bateau-taxi qui vous mènera de l’aéroport de Venise San-Marco. Le moyen le plus rapide pour arriver à Venise depuis l’aéroport de Marco Polo est le bateau taxi, le motoscafo. Compter 120 à 150 euros, mais chaque taxi peut contenir jusqu’à 8 ou 10 personnes. Inoubliable ! Comptez environ 25 minutes pour arriver à Venise en motoscafo. Après, pour découvrir la ville et les iles, opter pour une carte à la journée qui permet un nombre illimité de trajets (30 euros les 2 jours).

Où loger ?

On a réservé tous nos hôtels via le site Booking.com, avec des prix canons, en plus en août les touristes ne se bousculent pas en Vénétie. On peut donc trouver une chambre top confort entre 60 et 80 euros dans des hôtels 4 étoiles en cette saison.

Le bon plan : avant de choisir un hôtel, vérifier son classement et la qualité sur le site TripAdvisor. Si la construction d’un immeuble vient de commencer en face de l’hôtel que vous avez choisi, les derniers commentaires vous le signaleront, c’est du vécu ! Et les photos des utilisateurs en disent parfois long… Mais rien ne vous empêche de passer directement par le site de l’hôtel. Pour plusieurs nuits, demandez un devis, on vous fera parfois une meilleure offre. Et pour les plus curieux, un clic sur Google Maps vous permettra de visualiser l’emplacement de l’hôtel à l’avance, il suffit de rentrer l’adresse sur la page.

Nos choix d’hôtel pour ce voyage : (pour les restos, voir les articles précédents)

  • Hôtellerie du Grand Saint Bernard : http://www.aubergehospice.ch/
    Pour une étape routière de qualité : accueil chaleureux, confortable, entièrement refait, et bon restaurant à la cuisine traditionnelle. (La fondue !)
  • Hôtel Léopardi à Vérone : Site : http://www.leopardi.vr.it/
    Cet hôtel 4 étoiles très confortable est situé à 20 minutes à pied de la vieille ville. Top buffet le matin et accueil très sympa. A mi-trajet pour rejoindre le centre de Vérone, on passe devant la magnifique basilique San Zeno. Sur la place devant l’église, plein de glaciers et restos sympa ! Idéal pour le dîner, et observer la vie à l’italienne en se régalant, loin de l’agitation et des touristes.

Le plus : pendant la saison lyrique dans les arènes de Vérone l’été, l’hôtel met une navette à votre disposition pour aller à l’opéra et en revenir confortablement.

  • Hôtel Viest à Vicenza : http://www.viest.it/
    Motel d’affaires situé hors de la ville à la sortie de l’autoroute Vicenza-Est. Idéal pour sillonner la région à la découverte des villas palladiennes, sans subir les embouteillages de la vielle ville. Resto très sympa, vins à prix d’amis, personnel amical et surtout une très belle piscine avec un spa à côté. Chambres confortables, parking privé, on peut garer sa voiture devant sa chambre. Chaque chambre a une terrasse de pain-pied.
  • Haven Hostel à Venise : http://www.havenhostel.com/
    Aussi appelé RESIDENZA UNIVERSITARIA HOSTEL JUNGHANS FOR BACKPACKERS. L’hôtel le moins cher de Venise, et dans le quartier le plus sympa en plus, l’île de la Giudecca face à la place Saint Marc. Une aubaine ! C’est une résidence universitaire moderne qui l’été s’ouvre aux touristes. A 20 minutes en vaporetto depuis la gare. Pas de clim’ mais chambre propre et douche. Apporter savon et serviette de toilette. Pas de petit déjeuner mais plein de petits cafés au soleil pas loin sur les quais. Pour 50 euros la chambre, que demander de plus ?… Sinon hors saison, notre coup de cœur c’est la Pensione La Calcina, de l’autre côté de la lagune en face, hôtel 3 étoiles près de la Salute avec une vue magnifique, mais compter au moins 150 à 200 euros la chambre double avec vue…

La gastronomie italienne : à apprécier sans modération !

L’Italie ne se contente pas de nous offrir un patrimoine architectural et des paysages exceptionnels. Elle propose aussi au voyageur fourbu une cuisine maison (cucina casalinga) qui ravira ses papilles, arrosée de vins locaux qui n’ont parfois rien à envier à certains de nos grands crus.
Petit tour culinaire en image : spritz (l’apéro typiquement vénitien), pizza à la burrata, charcuterie italienne, friture vénitienne et fruits de mer en antipasti…

Des sites pour gagner un temps précieux

Pour bien voyager dans le monde entier et échanger des bons plans, voici le site de référence. Incontournable pour un voyage malin, loin des sentiers battus : http://voyageforum.com/

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